Posts Tagged ‘expos à Paris’

Le printemps parisien sera 100% africain !

L’Afrique a investit la capitale depuis le début de ce printemps qui s’annonce riche en événements culturels consacrés au continent. La création africaine était déjà la grande invitée de la Art Paris Art Fair  qui s’est terminée il y a seulement quelques jours. D’autres manifestations culturelles mettent à l’honneur ce continent plein de ressources artistiques.

Africa Now aux Galeries Lafayette

Depuis le 28 mars et jusqu’au 25 juin, les Galeries Lafayette célèbrent le dynamisme de la création africaine avec Africa Now. Pendant 3 mois, les artistes, créateurs et entrepreneurs issus du continent africain et de la diaspora investissent les allées du grand magasin de Paris Haussmann à travers des happenings, des conférences, des pop-up stores et des collections mode et maison exclusives.

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Les vitrines sont décorées par les photographies de l’artiste nigérian, Lakin Ogunbanwo, qui montrent les multiples facettes de l’Afrique, très loin des clichés. Et une installation de l’artiste malgache Joël Andrianomearisoa ornera la coupole du grand magasin. Enfin, une exposition imaginée par Marie-Ann Yemsi intitulée Le jour qui vient sera présentée à la galerie des Galeries. Vous y trouverez des tableaux, des sculptures et des installations de l’avant-garde artistique africaine. Certains de ces artistes sont exposés pour la 1ère fois en France. Les 19, 20 et 21 avril, vous pourrez participer aux Africa Now Talks : des tables rondes thématiques animées par des personnalités qui font l’Afrique d’aujourd’hui et de demain.

They Are Wearing: The 'Africa Now' Parade at Galeries Lafayette in Paris

Le festival 100% de la Vilette honore l’Afrique 

La Villette n’est pas non plus en reste avec la seconde édition de son festival 100% qui met à l’honneur l’Afrique cette année. Jusqu’au 28 mai, venez découvrir la scène contemporaine africaine sous toutes ses facettes : musique, danse, théâtre, mode, design, exposition, créations culinaires. Le festival prend possession de la totalité du parc de la Villette, de la grande halle, de l’espace chapiteau et des espaces en plein air.

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Une exposition intitulée Afriques capitales sera dédiée aux plus grandes métropoles africaines et à la scène artistique qui s’y apparente. Vous y découvrirez une soixantaine d’artistes africains contemporains à travers des photos, des vidéos, des sculptures, ou encore des créations sonores. Parmi eux, William Kentridge, James Webb, Pascale Marthine Tayou, Akinbode Akinbiyi, Benjamin Clementine, Abdoulaye Konate, Bili Bidjocka etc. L’exposition Afrique Capitales se prolongera à l’extérieur dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris avec des oeuvres en accès libre dans les jardins du parc de la Villette.

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Si vous restez à Paris en ce long week-end de Pâques, payez vous un voyage en Afrique en faisant un petit tour aux Galeries Lafayette et au parc de la Villette pour découvrir le dynamisme culturel de l’Afrique exprimé à travers plusieurs expressions artistiques.

 

Infos pratiques 

Africa Now 

Du 28 mars au 25 juin

Galeries Lafayette

40 boulevard Haussmann – 75009 Paris

 

100% Afrique La Villette

Du 23 mars au 28 mai

Parc de la Villette

211 avenue Jean Jaures – 75019 Paris

 

The Color Line : le Quai Branly met en lumière une partie sombre de l’histoire des Etats-Unis

Pour la première fois en France, une exposition retrace l’histoire de la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Avec The Color Line, le musée du Quai-Branly – Jacques Chirac met en lumière des artistes afro-américains qui au travers leurs oeuvres ont exprimé leur lutte pour l’égalité.

The Color Line désigne la ligne de démarcation symbolique qui a séparé les Etats-Unis en deux couleurs et en deux peuples dès la fin de la guerre Sécession. Sous-titrée, Les artistes africains-américains et la ségrégation raciale, cette exposition retrace la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis à travers l’expression artistique des noirs américains. J’en profite d’ailleurs pour faire un petit rappel historique ici. La ségrégation débute en 1877 (selon les historiens américains) avec les lois dites “Jim Crow” qui sont mises en place à la fin des 12 années de la période de la Reconstruction (période qui suit l’abolition de l’esclavage en 1865). Il se passera près d’un siècle avant que les lois racistes ne soient abolies en 1964 par le président Lyndon B. Johnson qui promulgue alors le Civil Rights.

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L’exposition The Color Line, qui sera présentée jusqu’au 15 janvier 2017 est riche en oeuvres et de documents originaux mis en scènes de manière didactique. Tout au long d’un parcours chronologique, vous pourrez découvrir des artistes engagés soit individuellement ou au sein de mouvements artistiques comme le Harlem Renaissance dans les années 1920-1930 sous l’influence du jazz et sous la houlette de Aaron Douglas (le père de l’art noir américain).Puis à travers le mouvement du Civil Rights des années 1945-1960 avec les leaders noirs américains Martin Luther King et Malcolm X, ainsi que des groupes activistes comme les Black Panthers.

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Cette rétrospective de 150 ans de lutte afro-américaine contre la ségrégation est aussi présentée à travers l’oeil de Wiliam Edward Burghardt Du Bois, historien, sociologue et militant de la première heure, président du Niagara movement, puis fondateur de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), dont les couvertures de son magazine officiel “The Crisis”  font l’objet de tout un mur pendant l’exposition. W.E.B du Bois a été l’un des principaux activistes contre la “ligne de partage des couleurs” (The Color Line). Pour moi le moment fort de l’exposition a été le passage sur les lynchages dont ont été victimes les noirs américains dans les états du sud avec en fond sonore, la célèbre chanson de Billie Holiday “Strange fruits” qui a son époque dénonçait ces atrocités.

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Si vous avez un peu de temps libre pendant vos vacances de noel, je vous conseille vraiment faire cette exposition très instructive. Le musée du Quai Branly nous livre ici une exposition inédite qui nous donne l’occasion de découvrir de nombreux artistes (peintres, écrivains, chanteurs…) de cette période sombre américaine encore trop peu connue en France.

 

Infos pratiques

The Color Line – Les artistes africains-américains et la ségrégation

Du 04 octobre 2016 au 15 janvier 2017

Musée du Quai Branly Jacques Chirac

37 Quai Branly – 75007 Paris

Tarifs : 10€ (plein tarif) – 7€ (tarif réduit)

Horaires :

mardi, mercredi et dimanche – 11h00-19h00

jeudi, vendredi et samedi – 11h00-21h00

 

 

Seydou Keïta, 1er artiste africain honoré par le Grand Palais

Du studio de Bamako, à la salle d’exposition du Grand Palais, il n’y a qu’un pas ! Pour la première fois de son histoire, le Grand Palais consacre une exposition monographique à un artiste africain. Et c’est au père de la photographie malienne, Seydou Keïta  que revient cet honneur.

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Depuis le 31 mars et ce jusqu’au 11 juillet prochain, les oeuvres du père de la photographie malienne, Seydou Keïta (1921-2001) sont exposées au Grand Palais. Une belle rétrospective qui revient sur le travail de ce photographe autodidacte, apprenti menuisier au départ et qui reçu de la part de son oncle un petit appareil Kodak Brownie en 1935. Dès 1945, il se perfectionne auprès du photographe-instituteur Moutanga Dembélé et quelques années plus tard, en 1948, il ouvre son propre studio dans la parcelle familiale situé dans un quartier populaire de Bamako.

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Le photographe connaît alors un succès immédiat grâce à ses mises en scène et la qualité de ses tirages. Effectivement, Seydou Keïta aimait présenter ses modèles sous leur plus beau jour en leur proposant des accessoires occidentaux prisés par la jeunesse de Bamako tels qu’un poste de radio, une Vespa, des lunettes ou encore une voiture. Le tout Bamako se presse alors chez lui, notamment la jeunesse urbaine qui devient sa principale clientèle, mais aussi de nombreux voyageurs venant d’Afrique de l’ouest. Seydou Keïta réalise l’essentiel de ses portraits en une seule prise.

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Cette rétrospective est organisée chronologiquement, de 1949 à 1962, date à laquelle il ferme son studio pour devenir le photographe officiel du gouvernement de Modibo Keïta, une des figures de l’indépendance du Mali. L’exposition est composée à la fois de tirages argentiques d’époque, mais aussi d’une importante collection de tirages argentiques modernes réalisées entre 1993 et 2011, et signé par Seydou Keïta.

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Mort à Paris en 2001, le photographe Seydou Keïta marque la fin de l’époque coloniale et ses codes de représentation pour ouvrir l’ère d’une photographie africaine qui affirme son identité. Là où les “indigènes” étaient représentés de face en tant qu’échantillons anthropologiques d’une tribu, Seydou Keïta incarne le tournant en privilégiant des poses de trois-quarts et la diagonale pour magnifier des personnes et non des sujets. Il a toujours cherché à donner d’eux la plus belle image et il est considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands portraitistes du XXe siècle.

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Infos pratiques  

Seydou Keïta

Le Grand Palais 

Du 31 mars au 11 juillet

Lundi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche de 10h à 20h

Nocturne le mercredi de 10h à 22h

Plein tarif : 10

Tarif réduit : 7

 

 

La Manufacture 111 retrace 40 ans d’histoire de la danse Hip Hop

Vous êtes à la recherche d’un bon plan pas cher pour ce week-end ? Alors vous êtes au bon endroit ! Cette semaine sur le blog Je vais vous parler d’une super exposition sur la danse Hip Hop que j’ai eu l’occasion de faire dernièrement. Du 4 mars au 8 mai 2016, la Manufacture 111 propose une rétrospective sur la danse Hip Hop des années 70 à nos jours et intitulée “Street Dance – Une brève histoire de la danse Hip Hop”. Située au coeur du 20e arrondissement et ouvert il y a 2 ans, La Manufacture 111 est un espace culturel dédié au street art et à l’art contemporain urbain.

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La Manufacture 111 nous livre ici une belle rétrospective qui nous permet de nous immerger au coeur de ce mouvement culturel à travers un parcours chronologique qui regroupe une centaine de clichés des photographes Little Shao, Nika Kramer et Martha Cooper et des installations. Imaginée par Nasty (chorégraphe qui a débuté sa carrière dans les années 80), cette exposition met en lumière les histoires, les passions et les combats qui ont accompagné cet art. L’exposition revient sur les racines de ce mouvement cultivées dans le sang, les larmes et la souffrance, pour se mélanger à la voix (et aux pas) de ses figures emblématiques. Des jeunes et des moins jeunes, issus de diverses communautés et perçus dès le début comme le cauchemar de l’Amérique, vont durant des décennies partager leur passion qui va en faire une danse universelle. La France prendra donc ce train de la créativité en marche et écrire quelques années plus tard, certaines des plus belles pages de cette culture avec des groupes comme les Quality Street ou encore les Wanted Posse.

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L’exposition fait également le parallèle avec l’histoire de la musique Hip Hop qui est indissociable de ce mouvement. Quelques artistes ou groupes tels que Michael Jackson, Quincy Jones, A Tribe Called Quest, Notorious Big ou encore 2Pac entre autres y sont représentés. Durant ces deux mois, des spectacles de danse, des battles, des projections ou encore des block parties seront organisés. Cette exposition nous donne envie de danser, je regrette seulement qu’elle soit un peu courte, 1h suffit largement pour la faire.

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Alors si vous êtes un fan de culture ou de danse Hip Hop, cette exposition vous plaira, d’autant plus qu’elle est très didactique et les images présentées sont très belles et rares. D’ailleurs ce dimanche, une rencontre aura lieu avec l’une des photographe de ce cycle de programmation, Martha Cooper.

 

Infos pratiques

Street Dance – Une brève histoire de la danse Hip Hop

Du 4 mars au 8  mai 2016

Tarifs : 8/6 euros

Horaires : du mardi au samedi (13h-20h), dimanche (12h – 19h), nocturne le jeudi jusqu’à 22h

La Manufacture 111

19 boulevard Davout – 75020 Paris